Ruahatu
le dieu
de l’océan
Ruahatu-Tini-Rau
est le Neptune polynésien. Dieu de l’océan, il est
dans une légende de Raiatea, présenté comme la cause
du déluge qui atteint l’île sacrée et submergea même
la montagne Temehani. Mais Ruahatu, amoureux de la
princesse Airaro, sauva la famille royale et tous
ceux qui avec elle avaient trouvé refuge sur l’îlot
Toa Marama près de la grande passe Ava Rua.
Ruahatu soulève dans ce tableau le marae Manunu de
Huahine. Bien que consacré au dieu Tane, ce sanctuaire
fut en effet déplacé par Ruahatu à l’issue de déluge
qui frappa Huahine.
Coco Hotahota, célèbre chorégraphe tahitien et chef
de la troupe Temaeva, créera un spectacle de danse sur le
thème de Ruahatu, présenté lors du festival des arts
du Pacifique Sud en 1985 a Tahiti.
C’est à
cette occasion qu’il demanda à Bobby d’imaginer un spectacle.
Bobby Holcomb 1947-1998
Artiste et poète Polynésien
Le
vent du Nord
Le
vent du Nord, Nord-Ouest (Mata'i To’erau) est
un vent tropical ou équatorial que se distingue très
nettement d'un autre vent courant à Tahiti, le Maaramu,
venu du Sud.
Sud-Est,
beaucoup plus sec et frais. Le To’erau (ou mata’i
To’erau) était autrefois censé amener la pluie
du dieu Tumu Ruperupe (source de luxuriance).
La connaissance des vents dans la société
traditionnelle tahitienne était extrêmement bien
développé,
pour des raisons d’ordre agricole, et aussi tenant a
la navigation. Toutefois, l’appellation des vents ne
correspond pas toujours aux directions du compas magnétique
occidental, et à leur position sur la rose des vents qui
comporte seize directions.
Et
Hina embrassa l’anguille
Une
scène magnifique, représentant la conclusion de la légende
de l’anguille du lac Vaihiria. La belle princesse Hina,
de Papeuriri (Papeari), que ses parents désiraient
marier à un puhi (anguille), roi du lac Vaihiria,
fut délivrée par Maui qui trancha la tête de
l’animal.
Posée sur le sol, celle-ci devint un arbre, le cocotier,
source de richesse et de vie. Lorsque survint une famine
à Tahiti, les habitants purent ainsi survivre grâce au
cocotier de Hina, dont la forme élancée rappelle le puhi.
Quant à
son fruit, il présenté étrangement deux yeux et une
bouche, rappelant la tête de l’anguille de Vaihiria
que Hina repoussa, et qu’elle embrasse désormais dans
cette scène pour boire l’eau de la vie.
Maui
qui attrapa le soleil et Hinahina-Toto io sa sœur
Maui,
demi-dieu légendaire du monde polynésien, tenta de
capturer le soleil. Ce Prométhée ma’ohi avait
attache le soleil à la terre avec les cheveux de sa sœur
Hina, afin que celui-ci brille de tous ses feux de
logues heures et de longues journées durant.
Depuis, les rayons du soleil nous rappellent les cheveux
de Hina. Ce n’est pas un hasard si dans ce tableau,
ils repartent du nombril (Pito) de Maui, point de
passage de l’énergie solaire.
Hema
et sa mère Hina
Hema
était le fils de Hina, laquelle avait échappé au piège
de sa mère cannibale Nona et épouse son sauveur No’a.
Contrairement a son frère ainé Puaariitahi, nous dit la
légende, Hema ne refusa pas de peigner les cheveux de
leur mère Hina. Il y trouva un pou qu’il montra à
Hina, laquelle lui répondit : "tu épouseras une femme de haut rangs". Effectivement, Hema prit
pour femme la déesse Hina-Tahutahu (Hina la magicienne),
qu’il enleva sur la plage en la saisissant par les
cheveux.
Plus tard, Hema et Hina-Tahutahu eurent un fils, le célèbre
Tafa’i qui fixa et pêcha les îles de l’archipel
polynésien, jusqu‘aux îles Hawaii.
Cet extrait de légende nous prouve une nouvelle fois
l’ importance de la chevelure dans la symbolique ma’ohi,
dont l’ illustration la plus évidente est la légende
de Maui, qui attrapa le soleil avec les cheveux de sa sœur
Hina.
Les
ailes de tapa
Tissu
fait de fibres végétales battues et séchées
ensemble, le tapa permettait dans la société
traditionnelle la fabrication de vêtements.
Ce sont ici les ailes d’un ange qui s’ornent de tapa,
dans une vision artistique ou, une nouvelle fois, se
fondent les traits culturels ma’ohi symbolisés
par le coq et ceux empruntes au chistianisme.
Bobby était d’ailleurs fasciné par les anges et la
cohorte de figures religieuses du catholicisme, qui ont
inspiré tant de peintures en occident à
travers les siècles. Ce qui est intéressant, c’est
que dans sa propre philosophie, les anges du
christianisme incarnaient la sagesse qu’il aimait lire
dans l’âme
ma’ohi.
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