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Pitcairn l’aventure continue
par Nicolas Perez (nicolasphoto@hotmail.com)

Armoierie de Pitcairn

 

 

L’histoire de Pitcairn est étroitement liée à celle des révoltés du Bounty. Les plus célèbres mutins de l’histoire de la marine ont terminé leur fuite en avant sur ce bout de terre très difficile d’accès et perdu dans le Pacifique. Les descendants de ces marins et des quelques Polynésiens embarqués sur le Bounty continuent de vivre avec ce lourd héritage.

 

Plus de 200 ans après, l’animosité qui avait animé les marins et les habitants des lieux s’est totalement estompée. Les problèmes raciaux n’existent plus et la quarantaine d’habitants qui peuple l’île de Pitcairn donne une vraie leçon de vie en communauté. L’île qui est toujours sous royauté Britannique, s’étire sur une distance approximative de 9 km de long sur 5 km de large, mais cette petite superficie n’empêche pas ces hommes et femmes à vivre en totale symbiose. N’étant pas équipée d’aérodrome, le seul point d’accès de l’île est un petit débarcadère à l’accès très périlleux car très étroit qui ne peut accueillir que de toutes petites embarcations. Les habitants utilisent des baleinières de haute mer qui leur servent à pécher et à se déplacer sur les îles environnantes. Mais trois fois par an, lorsque le bateau ravitailleur en provenance de la Nouvelle-Zélande arrive près des côtes de l’île, ces baleinières font un va et vient incessant vers celui-ci pour ramener les vivres sur le quai, car la taille imposante du bateau ne lui permet pas de s’amarrer.Baleinière de Pitcairn

Pour rejoindre l’unique ville de l’île qui porte le nom d’Adams en hommage au sauveur de cette communauté, il nous faut arpenter un petit chemin de terre tracé dans la falaise. La végétation y est luxuriante et l’air sain. Après avoir parcouru environ 50 mètres, les premières maisons apparaissent, toute la population heureuse d’avoir enfin un peu de visite nous sourit affectueusement. A l’entrée de la ville se trouve la coopérative ; cette bâtisse sert à stocker de l’alimentation en surplus et divers articles pour l’entretien de la ville.

Un peu plus haut sur la gauche le centre névralgique de la ville se découvre, car entouré d’une végétation dense. En surélévation par rapport au chemin, il faut gravir une petite côte bétonnée qui mène à une place où l’ancre du Bounty ainsi qu’un de ses canons y sont édifiés. Tout au tour de cette place, des bâtiments de bois de couleur grise et blanche où sont installés un secrétariat servant à faire les démarches administratives nécessaires à tous les habitants  et  une bibliothèque.Centre ville Adams Mais l’une des salles les plus importantes est celle de la poste car elle est le seul moyen de communication avec les familles et amis habitants aux États-Unis ou en Nouvelle-Zélande. Elle leur fournit également leur première ressource économique car la production de timbres à l’effigie de l’île lui à permis d’être reconnue par les plus grands philatélistes et permet de gagner quelque 50 millions CFP par an.

La deuxième ressource économique est la confection de sculptures et divers objets que les insulaires arrivent à vendre aux bateaux de passage. Près de la poste se trouve la salle publique qui est une sorte de petit musée où sont exposés les divers présents du gouvernement anglais mais aussi des bateaux ayant fait escale.

Sur cette même place se trouve l’église adventiste du septième jour, qui organise le rythme socio-éducatif de la totalité des habitants. Ses paroissiens reçoivent, chaque Samedi après la messe, un petit programme déterminant l’emploi du temps de chacun. Le pasteur me confie que la messe se pratique de façon très naturelle et que ses paroissiens ont un vrai don pour célébrer dieu en dansant ou en chantant. A l’intérieur de cette église, dans un coffre en bois, est enfermée la bible du Bounty ainsi que quelques accessoires ; c’est d’ailleurs les seuls écrits qu’ils aient pu garder de leur ancêtres.

 

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